Book review: Histoire de la femme cannibale

J’adore cette auteur guadeloupéenne <3

Et puis franchement l’histoire m’a intriguée: Un meurtre en Afrique du sud et un couple mixte impliquée. I am game!

Et, vous savez que j’aime l’Afrique du sud 😀

Synopsys

«– Est-ce que vous n’allez pas retourner chez vous ?
Chez moi ? Si seulement je savais où c’est.
Oui, le hasard m’a fait naître à la Guadeloupe. Mais, dans ma famille, personne ne veut de moi. À part cela, j’ai vécu en France. Un homme m’a emmenée puis larguée dans un pays d’Afrique. De là, un autre m’a emmenée aux États-Unis, puis ramenée en Afrique pour m’y larguer à présent, lui aussi, au Cap. Ah, j’oubliais, j’ai aussi vécu au Japon. Cela fait une belle charade, pas vrai ? Non, mon seul pays, c’était Stephen. Là où il est, je reste.»
La disparition de Stephen, assassiné dans une rue du Cap, est le dernier coup du sort pour Rosélie Thibaudin… Un drame qui la frappe de plein fouet, mettant un terme brutal à vingt ans d’un bonheur apparemment tranquille. Exilée, étrangère dans tous les pays, Rosélie devra réapprendre à vivre seule dans une Afrique du Sud berceau de tous les racismes.
Dans un style flamboyant et vigoureux, Maryse Condé livre un réquisitoire passionné contre le racisme et la ségrégation.

My opinion

Ce livre ne m’a pas vraiment marqué mais j’ai quand même apprécié le lire. Surtout par rapport au sujet qu’il traite.

Ce livre est l’histoire d’une femme de 50 ans, déracinée par amour et qui se retrouve seule livrée à elle-même, ses doutes et à la société sud-africaine et la réalité de ses relations avec les gens. Qui ne la définissent et connaissent que par sa relation avec son conjoint, un homme blanc, universitaire anglais, alors qu’elle est une guadeloupéenne, artiste et clairvoyante.

C’est aussi l’histoire d’un drame et de vie cachée. Car ce meurtre brutal à Capetown d’un homme blanc, a levé le voile sur qui il est, et sur cette femme qui va découvrir la réalité dans laquelle elle vit et non son illusion de vie. C’était quand même intéressant de voir comment les gens lui ont intimé « l’ordre » de « rentrer chez elle » car il n’est plus là, et qu’elle n’a plus rien à faire ici. Doit-elle donc oublier cette majorité de sa vie passée hors Guadeloupe?

Maryse Condé a un style rare : Ses récits sont d’une simplicité d’écriture mais avec une telle complexité que l’on est happé par l’histoire. Je m’explique: Le livre est facile à lire et ne requiert pas une concentration ou un dictionnaire. La complexité vient du fait que l’on est face à des événements de vie traumatisants et à des personnages sortis de leur zones de conforts mais qui nous force à réfléchir à la réalité de nos vie. Y a aussi el côté écriture en flashback, typique du style caribéen, avec une traversée du présent et du passé pour mieux comprendre chacun.

Ce livre peut être soit lu comme une fiction sur un couple et un meurtre en Afrique du sud. Ou comme la vue d’une étrangère sur l’Afrique du sud post-Apartheid . et cela à travers le regard d’un couple mixte sans lien avec le pays ou son histoire.

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On est vraiment désorienté dans l’histoire car tout à l’air parfait et bien et fonctionnel. Bien que Maryse nous donne tous les signaux que quelque chose cloche. A un moment, on se dit que y a un truc qui arrive car c’est pas logique et on est autant intrigué que Rosélie. Ce thriller et cette enquête sont moins brutal qu’un polar et sont plus concentrés sur le côté humain et sur les familles. Ces femmes dont le mari est tué et qui doivent vivre cette vie d’après.

Personnellement, j’adore le fait qu’elle inclut la Guadeloupe dans ses livres ainsi que cette culture créole et le lien avec le vaudou si diabolisé par d’autres auteurs et par les médias. Rosélie qui devient clairvoyante et qui aide les locaux, montre que les gens ont besoin que quelqu’un les entende et les aide à relativiser leurs événements de vie. Elle devient même une sorte de fascinante sorcière pour la police qui n’hésites pas à solliciter son aide.

Un beau livre, pas beaucoup de pages ne vous en faites pas 😀 A lire, car c’est de Maryse Condé et que c’est un toujours agréable de lire ces livres. En attendant d’aller en Guadeloupe pour la voir et partager un jus d’orange devant la plage avec elle 😀

Maryse Condé, l'écrivain qui ne peut plus écrire