Book Review: Les identités meurtrières

Book Review: Les identités meurtrières

Book review in french 😀

C’est la couverture du livre qui m’a le plus attirée car je connais cette toile. Le titre aussi attise la curiosité car on se demande si le livre couvre une tragédie grecque ou un sujet en relation au tableau, à savoir les combats fraternels dans l’histoire. Si ça vous intéresse, la toile reprise dans la couverture de ce livre s’appelle « Caïn tuant Abel » par le peintre belge Rubens.

Fichier:Peter Paul Rubens - Cain slaying Abel, 1608-1609.jpg ...

Synopsis:

Que signifie le besoin d’appartenance collective, qu’elle soit culturelle, religieuse ou nationale ? Pourquoi ce désir, en soi légitime, conduit-il si souvent à la peur de l’autre et à sa négation ? Nos sociétés sont-elles condamnées à la violence sous prétexte que tous les êtres n’ont pas la même langue, la même foi ou la même couleur ? Né au confluent de plusieurs traditions, le romancier du Rocher de Tanios (prix Goncourt 1993) puise dans son expérience personnelle, aussi bien que dans l’histoire, l’actualité ou la philosophie, pour interroger cette notion cruciale d’identité. Il montre comment, loin d’être donnée une fois pour toutes, l’identité est une construction qui peut varier. Il en dénonce les illusions, les pièges, les instrumentations. Il nous invite à un humanisme ouvert qui refuse à la fois l’uniformisation planétaire et le repli sur la  » tribu « .

Mon avis:

C’est l’un des meilleurs livres que j’ai pu lire sur les identités.

Ce livre philosophique ne se lit pas en une fois et requiert des discussions plus poussées au vu des divers sujets complexes abordés. « Les Identités meurtrières » couvre le sujet crucial qui est l’identité de l’individu et l’appartenance, qu’elle soit religieuse, tribale, nationaliste ou autre. L’auteur touche tous les aspects qui forgent l’identité et comment à un moment, l’une d’elle devient pré-dominante pour tout un peuple et définit leur dynamique sociale.

« Les identités meurtrières » m’a fortement parlé surtout au vu de ma situation actuelle, à savoir, vivre dans un pays complètement différent du mien sur tous les plans. J’ai souvent eu cette conversation avec plusieurs amis à moi (Coucou Adélaide, Bora…), où l’on a discuté de questions identitaires. A savoir: en soi quelle est la notion/définition d’identité? Est-ce lié au lieu de naissance ou à l’éducation reçue? Quel est l’impact de la société sur l’identité lors de notre adolescence ou de la vie d’adulte? Peut-on choisir de façonner notre identité comme on le souhaite en choisissant nos influences, ou est-ce quelque chose que l’on ne choisit pas mais que l’on hérite et subit? Est-ce que la religion pré-domine dans la définition d’identité?…

Amin Maalouf mentionne aussi que l’identité est source de conflit dans la vie, il amène même la question des conflits et meurtres au nom de la religion comme exemple. D’ailleurs si l’essai se veut universel, il est fortement centré sur un sujet bien connu de l’auteur à savoir la France et la communauté musulmane. L’auteur sait très bien décrire les sentiments et la notion floue d’identité que certaines personnes ont, on sent qu’il essaie de « clarifier » et de « faciliter » la compréhension de cette notion.

Amin Maalouf et les religions meurtrières - Actualités Tunisie Focus

Dans cet essai, on note aussi qu’il mentionne que l’individu a des identités multiples, et qu’à un moment on choisit d’utiliser une de ces facettes dans notre vie quotidienne. Néanmoins c’est une richesse et non un fardeau. Même si malheureusement, dans certaines situations, la pression sociale force un choix d’identité qui n’est pas forcément le meilleur pour soi.

« Les Identités meurtrières » est un essai complexe qui choisit de mettre l’accent sur comment des individus différents peuvent cohabiter plutôt que d’alimenter des débats sans fin sur qui a raison et qui a tord. Certes, certaines de ses réponses et suggestions sont utopiques, surtout pour un monde polyglotte et une survie de religions et cultures aux adeptes minoritaires, néanmoins cela donne un espoir et une sorte de guideline à suivre pour le monde.