Book review: Traversée de la mangrove

Je vous l’avais dit, j’ai acheté tous les livres de Maryse Condé après avoir lu Moi Tituba sorcière 😀 Sans regret bitchezzzz 😀

This book is also available in english.

Synopsis

À Rivière au Sel, en plein cœur de la forêt, on veille un mort, un homme qui s’est installé dans le village quelques années auparavant et dont on ne sait pas grand-chose.
Est-il cubain ? colombien ? A-t-il déserté ? Pourquoi est-il revenu en Guadeloupe ? Les réponses ne sont pas claires.

Cependant peu importe la véritable identité de cet homme. Ce qui importe, c’est l’image que les individus gardent chacun de lui et les modifications essentielles qu’il a apportées dans leurs vies.

Dans le temps clos de cette seule nuit, au-delà de cette petite communauté, c’est toute la société guadeloupéenne d’aujourd’hui qui se dessine, avec ses conflits, ses contradictions et ses tensions.

My opinion

C’est un de ces livres de Maryse Condé qui est totalement guadeloupéen. L’histoire se passe en Guadeloupe et les personnages sont la société guadeloupéenne et sa relation avec les étrangers. J’adore comment dans ce livre, Maryse s’est concentré sur cette île au lieu de nous emmener autre part 🙂

La traversée de la Mangrove couvre les relations entre étrangers et la population locale d’un village lors d’événements marquants comme la mort. Le livre commence par le décès de Francis Sancher dont le corps est retrouvé dans la foret. C’est la deuxième fois que je lis un roman de Maryse condé qui commence par un meurtre. Coïncidence? 😀

Dans ce roman, on observe le lien que chaque personne a eu avec le défunt qu’ils soient amis, ennemis ou amants. J’aime beaucoup ce style de lecture qui donne la parole à chacun et qui donne une vue 360° des protagonistes et de certaines situations. Il transparaît de ces échanges que Francis a eu un impact sur chacun des habitants de ce village qui vit encore sous le poids de l’héritage colonial et des stéréotypes/préjugés. Il était intéressant de voir que Francis était détesté non seulement parce qu’il était un étranger mais aussi parce qu’il était riche et attiré les faveurs des femmes et de certains hommes.

Il est aussi intéressant de lire comment l’auteur parle des traumatismes coloniaux hérités. Et surtout de ce que la période de colonisation et d’esclavage a laissé comme trace sur plusieurs générations. Plusieurs des personnages parlent de leur traumatismes et on remarque que ces malheurs communs ont tourné les gens les uns contre les autres. On voit comment les villageois sont rapides à condamner toute personne qui ose avancer dans sa vie et n’hésites pas à les traiter de « Blanc » car ils veulent faire des carrières à l’étranger ou incluent des technologies ou nouvelles méthodes dans leur métiers ou vie de tous les jours.

The Island Where France's Colonial Legacy Lives On - The Atlantic

La trame est bien écrite et le rythme du livre assez constant. Il n’y avait pas de montagnes russes et ce fut un agréable moment de lecture. C’était comme la traversée d’une rivière paisible. Maryse nous donne aussi des détails sur la Guadeloupe et les créoles. Certains passages sont écrit en patois mais cela est facile à comprendre. Cela donne un charme particulier à ces écrits et on se sent plus proche d’elle.

Maryse a l’art d’inclure des sujets tels la spiritualité et la communion avec la nature dans ces récits. Elle rend hommage aux métiers locaux tels les plantations de canes à sucre et comment des peuples organisent leurs vies autour de ces métiers qui dont partie de leur identité. Ainsi que le vaudou et la réelle histoire derrière.

Personnellement je trouve que Maryse a écrit de plus belles œuvres et je ne fut pas si enchantée par celle là. Je pense que je n’ai juste pas vibé avec l’histoire. Par contre, elle m’a certainement donné envie de voyager en Guadeloupe et de découvrir cette magnifique île!

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